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Kim Jong Wan, l’expert qui a fait de son art (martial) un sport populaire
Le taekwondo olympique tiendra la scène au Grand Palais du 7 au 10 août (le para taekwondo, quant à lui, s’y disputera du 29 au 31 août). L’art martial coréen est passé, en peu d’années, de sport de démonstration (Séoul, 1988) à discipline officielle (Sydney, 2000), grâce à l’obstination de dirigeants impliqués comme le maître rouennais Kim Jong Wan, 9° dan de taekwondo. Un expert qui, en France, a fait passer son art de l’ombre à la lumière.
Post Date 2026/02/05 -
De l’ombre à la lumière : les films de sport coréens
En 2023, Kang Je-kyu, célèbre réalisateur de Nom de Code : Shiri (1999) et Frères de Sang (2005), fait son retour sur le devant de la scène après huit ans d’absence avec le film-événement Road to Boston. Le cinéaste se penche cette fois sur un chapitre fascinant de l’histoire (sportive) coréenne : la participation de l’athlète Suh Yun-bok au marathon international de Boston en 1947. Road to Boston explore en fait deux événements historiques : le premier concerne Sohn Kee-chung, détenteur du record du monde au marathon de Tokyo en 1935 et qui est devenu ensuite le premier athlète coréen à remporter une médaille d’or aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936 ; mais en raison de l’occupation de la Corée au moment de l’exploit, sa victoire a été attribuée au… Japon. Sohn Kee-chung se reconvertit par la suite en tant qu’entraîneur. Le véritable enjeu de Road to Boston réside donc non seulement dans l’éventuelle performance sportive de Suh Yun-bok, jeune coureur pris sous l’aile de Sohn Kee-chung, mais également dans leur quête commune pour décrocher la toute première récompense d’un athlète coréen dans une compétition mondiale.
Post Date 2026/02/04 -
Le Breaking coréen : Chronique d’un podium annoncé !
La tension est à son comble pour cette finale internationale du Red Bull BC One, 20ème édition, la compétition ultime de breaking, anciennement appelé breakdance. Plus de 8 000 spectateurs se sont rendus sur le court central transformé, pour l’occasion, en arène survoltée. Au cœur de l’enceinte, le duel de deux breakers, gladiateurs de notre temps, sans armes ni violence, mais avec la même rage de vaincre. Visualisez-vous la scène : à droite, le Coréen Kim Hong Yeol dit Hong 10 et à gauche le Canadien, d’origine coréenne, Phil Kim dit Phil Wizard. Ces deux « arthlètes » patientent devant les juges internationaux, en attendant leur sort. L’enjeu est de taille ! Qui de Hong 10, 39 ans, déjà double vainqueur de cette ultime compétition (2006 à Rio et 2013 à Séoul), ou de Phil Wizard, 27 ans, le breakeur le plus attendu de la compétition, arrachera la victoire à Paris et deviendra, aux yeux de tous, le meilleur breaker du monde, mais également un immense espoir de médaille olympique pour sa nation, à moins d’un an de Paris 2024 ? Au bout du suspense, la troisième victoire pour le Coréen ! Hong 10, le breaker le plus âgé a avoir remporté cette compétition, est en route pour les qualifications des JO 2024 à Paris, avec l’équipe coréenne.
Post Date 2026/02/03 -
Kang Seongwoo, le rêve armoricain
Kang Seongwoo : Je crois que faire le choix d’apprendre le français en Corée est déjà quelque chose de singulier : là-bas, l’apprentissage des langues vivantes se fait seulement à partir du lycée et assez peu d’options sont offertes aux élèves. Par exemple dans mon lycée, en dehors de l’anglais, on ne pouvait choisir qu’entre deux options : le chinois ou le français. Là où la plupart de mes camarades ont opté pour la première, j’ai pour ma part porté mon choix sur la langue française. Voyez-vous, ma mère étant une passionnée de musique classique et mandoliniste amatrice, j’ai bénéficié très jeune d’une large ouverture sur l’Occident. En outre, les jeunes Coréens découvrent assez rapidement la mythologie gréco-romaine, notamment à travers la lecture de manhwa (bandes-dessinées coréennes) éducatifs, et il se trouve que j’en étais très friand. C’est donc ces différentes fenêtres sur l’Occident qui m’ont incité à me tourner vers le français plutôt que vers le chinois, ce dernier me paraissant bien moins ‘’exotique’’ en comparaison. J’ai donc pu, au cours de mon apprentissage de la langue de Molière au lycée, découvrir des auteurs comme François Mauriac ou encore Gustave Flaubert, dont j’ai pu lire « Madame Bovary » en version originale. Par ailleurs, les ouvrages du linguiste suisse Ferdinand de Saussure ont été une révélation pour moi, puisque c’est en lisant son étude sur la langue française que je me suis découvert une appétence pour la linguistique. C’est ainsi qu’en 2017, je me suis inscrit dans une université à Séoul pour continuer à étudier le français, puis la linguistique en spécialité de 3e année.
Post Date 2026/02/02 -
Hyuk Lee, feu tranquille en voie d’expansion
Son prénom est Hyuk, uk prononcé comme le hoc démonstratif latin, et son nom est celui d’un champion en arts martiaux, Lee. Voici Hyuk Lee. Il est né en Corée du Sud, à Séoul, en 2000. Il est donc aujourd’hui un très jeune homme qui a grandi avec internet et les facilités de l’hyper connexion mais sa vie, depuis qu’il a commencé la musique à 3 ans, est régie par l’étude, la discipline, les concerts, trois piliers au service d’une carrière internationale accélérée depuis qu’il a remporté le premier prix du concours Long-Thibaud en 2022 (ex æquo avec le Japonais Masaya Kamei). J’ai pu l’entendre plusieurs fois dans différents lieux et situations, voir ses doigts aussi fins que solides galoper sur les pianos de concert des grandes salles, les demi-queues des salons officiels et même les pianos-bars de la Closerie des Lilas. Il reçoit applaudissements et admiration du public à chacune de ses performances. Il joue droit, fier sans arrogance, svelte dans ses vestes sombres qui ne le déguisent pas, dégage une maturité hollywoodienne avec ses cheveux noirs mi-longs, tirés en arrière des oreilles à la nuque. Il parle parfaitement anglais et russe, et depuis ses nombreux concerts en France, apprend le français à grande vitesse. Il est le jeune surdoué dégageant une aura ancienne, liée à sa sûreté de jeu, aux capacités de mémoire et d’apprentissage hors norme. Capacité tactique aussi : il est un très bon joueur d’échecs, un esprit pétri de méthode et de sang-froid. Il joue avec le même aplomb la Polonaise héroïque de Chopin, la Sonate au Clair de lune de Beethoven, l’aride 2e concerto de Prokofiev. Il a interprété ce dernier au théâtre du Châtelet, d’une impeccable et tranquille dextérité, lors de la soirée de remise des prix du concours Long-Thibaud. Au Centre Culturel Coréen, devant les ambassadeurs, ce furent Petrouchka de Stravinsky, et Chopin toujours, la Grande polonaise. Le demi-queue sonnait large, avec des basses musclées, la tête de Lee plongeait tantôt au sol du côté des graves, tantôt au niveau des spots pour éclairer les aigus, gestuelle performative de concertiste pas si originale mais le tonus, la précision, la frappe juste nous transportèrent. Après l’accord final, il donna debout un rire poli et humble.
Post Date 2026/02/01